Il est difficile de continuer à écrire comme si de rien n’était après l’assassinat de Quentin Deranque.
Je n’ai jamais écrit pour aller dans le sens du courant général, pour divertir, pour faire ma place au soleil. J’ai toujours été appelée par les sujets que je considérais comme les plus graves, les plus profonds, ceux qui à mon sens vont au cœur des choses et de l’humain, si tant est que cela soit possible et dans la mesure où le langage le permet. Car tout n’est pas dicible. Mais c’est justement dans le champ du non-dicible et du difficilement exprimable que l’écrivain doit creuser les sillons pour indiquer le chemin.
Bien que mes thèmes et ma recherche aient toujours revêtu une profondeur cardinale, ils me paraissent comme décalés depuis la mort de Quentin.
Je rappelle les faits. Le 12 février 2026, une députée de gauche défendant une cause terroriste en arborant le foulard-étendard et ouvertement hostile au peuple de France, est invitée pour faire une conférence à l’université Sciences politiques de Lyon. Elle répond ainsi à l’une des très nombreuses invitations de la part des universités qui sont pratiquement toutes sous l’hégémonie de la gauche, ainsi que toutes les institutions, culturelles, médiatiques, juridiques.
Némésis est un collectif de féministes qui défendent les femmes contre les menaces et les dangers réels comme notamment les agressions sexuelles commises pour une large part par des extra-européens. Elles mènent leur combat en manifestant, en s’exprimant sur les réseaux sociaux, et ce, le plus pacifiquement du monde.
Vu que cette députée tient des propos racistes envers les Français, propage un climat de haine, prône un état d’esprit hostile aux femmes, le collectif Némésis s’est présenté à l’université pour exprimer son mécontentement par rapport à sa prise de parole. Subissant des menaces de mort de la part de groupes de gauche, étant huées voire bousculées fermement lors de manifestations précédentes, elles se font accompagner par quelques militants nationalistes garçons.
Cette fois, la députée était venue entourée par la milice Jeune garde. Cette milice est dissoute sans être dissoute comme il en va actuellement en France où un clandestin ne subit aucune peine, où un fiché S ou une personne ayant reçu l’invitation, le mot est drôle, à quitter le territoire, c’est-à-dire des personnes dangereuses qu’on laisse errer en toute liberté sur le territoire. Les jeunes filles de Némésis, non armées, ont été vilipendées et bousculées fermement.
Mais cela ne s’est pas arrêté là. Au moins onze miliciens ont jeté Quentin Deranque au sol, et se sont servis de poings américains et de couteaux pour le tuer. Un Français, âgé de 23 ans, catholique, a été assassiné par une milice stalinienne en France. Venir avec des poings américains et des couteaux face à des jeunes filles pacifiques, ce n’est pas en vue de se défendre, c’est en vue de donner la mort. Je dis donc qu’il y a eu homicide avec préméditation. Cela s’appelle un crime.
Depuis lors, écrire est encore plus difficile. Je suis déjà reléguée car les éditeurs font écrire des livres soumis à la propagande. Cela ne me dérange pas tant que ça de ne pas trouver d’éditeur —la plupart sont subventionnés tout comme les libraires, c’est dire la soumission de ces gens au discours dominant car, contrairement à ce que croient les imbéciles ou que veulent croire les hypocrites : c’est celui qui a l’argent qui décide — je me débrouille autrement.
Ce qui me peine c’est la destruction de la littérature en général et de la culture en particulier. Alors, si j’estime que je ne peux plus écrire normalement parce que la milice stalinienne a tué un militant de la liberté, ils auront gagné. Je ferai taire et tarir une voix de la vraie culture, la mienne. Je dois donc continuer à écrire.
Mais je tiens à dire et je le prophétise : rien ne sera jamais plus comme avant, ni pour vous ni pour moi, maintenant que Quentin a été assassiné.